13h32 CEST
11/07/2026
La Belgique n'a pas à rougir de son élimination du Mondial-2026 en quarts de finale face à l'Espagne (2-1) vendredi, mais son sélectionneur français Rudi Garcia n'est pas assuré de poursuivre sa mission à la tête de Diables rouges.
Stop ou encore pour Garcia ? Arrivé à la tête de la Belgique en janvier 2025, l'ancien entraîneur de Lille, de l'AS Rome ou de Naples espère prolonger son aventure au-delà de la fin de son contrat actuel qui expire à l'issue de la Coupe du monde.
Mais tout dépendra d'une évaluation prévue cet été avec ses dirigeants. La presse belge, elle, n'a pas attendue pour se montrer particulièrement critique.
"Mon objectif aux Etats-Unis était de rendre fier et d’avoir le soutien de 12 millions de supporters. C’est le cas et j’espère que ce sera le cas encore à l’avenir", a pourtant espéré Garcia à l'issue de la défaite de son équipe qui a mis fin à une belle invincibilité de dix-huit matches.
Au delà de cette statistique, le technicien français a pour lui d'avoir atteint les objectifs assignés par ses dirigeants (maintien dans le groupe A de la Ligue des nations, qualification pour le Mondial) et d'avoir stoppé une spirale négative dans les grands rendez-vous.
- Wilmots optimiste -
Avant cette Coupe du monde nord-américaine, la Belgique restait en effet sur deux tournois ratés, sous la direction de Roberto Martinez (élimination dès la phase de poules du Mondial-2022) et de Domenico Tedesco (élimination en 8e de finale de l'Euro-2024).
Garcia a également eu le mérite de ramener une culture de la gagne au sein d'un effectif qu'il a rajeuni en intégrant de nouvelles têtes encadrées par les derniers rescapés de la génération dorée, les Lukaku, Courtois et De Bruyne.
Cette reconstruction réussie est sans doute le plus grand mérite du Français.
"Rudi a réussi à créer une base qui me rend optimiste pour l'avenir. Il serait logique et à mon sens souhaitable qu'il poursuive cet excellent travail", a déclaré vendredi soir Marc Wilmots, sélectionneur des Diables de 2012 à 2016.
Au pays de Brel et Magritte, tout le monde ne partage cependant pas cet avis.
A commencer par les médias flamands qui avaient peu goûté la nomination d'un entraîneur français dans un pays où les querelles linguistiques restent fréquentes entre néerlandophones et francophones.
- "Bourde incroyable" -
Samedi matin, les journalistes du plat pays étaient d'ailleurs extrêmement sévères à l'égard de Garcia en qualifiant de "bourde incroyable" le remplacement du gardien Thibaut Courtois à la 71e minute du match face à l'Espagne par le jeune Senne Lammens, dont la faute de main sur un tir de loin de Pau Cubarsi repris victorieusement par Mikel Merino (88e), allait précipiter l'élimination des Belges.
"Il remplace le meilleur gardien du monde en quart de finale d'une Coupe du monde parce qu'il n'arrive plus à faire de longs dégagements. Incroyable ! Quelqu'un comme Courtois (qui voulait poursuivre, ndlr) sait bien lui-même ce dont il est capable et ce dont il n'est pas capable, non ?", a taclé Peter Vandenbempt, journaliste très écouté de la télévision flamande Sporza.
Autre consultant, l'ancien international Marc Degryse, a également eu la dent dure à l'égard du sélectionneur durant le Mondial, critiquant le niveau de jeu de son équipe, laborieuse en phase de poules (une victoire, deux nuls) et mené 2-0 par le Sénégal en 16e de finale, avant de s'imposer 3-2 (après prolongation) grâce "à un miracle qui ne fait pas de Garcia un grand coach".
L'avenir de Garcia en Belgique n'est donc pas une évidence et dépendra des discussions qu'il aura ces prochains jours avec Vincent Mannaert, le patron sportif de la fédération avec qui il n'a pas toujours été en accord ces derniers mois.