12h42 CEST
11/04/2026
L'Inter Milan, leader du Championnat d'Italie, et son grand rival Naples ne vont pas se rencontrer d'ici la fin de la saison, mais ils doivent encore affronter l'ambitieux Côme qui rêve de qualification en Ligue des champions cette saison et, rapidement, de viser encore plus haut.
Le scudetto 2026 se jouera peut-être dans un cadre unique et presque incongru: les bords du lac de Côme.
C'est dans le bien obsolète stade Giuseppe-Sinigaglia, 13.000 places, que Côme, 4e (58 pts), défie l'Inter (72 pts) dimanche (20h45) dans le cadre de la 32e journée de la Serie A.
Dans cette enceinte construite en 1927, le club local recevra le 3 mai le Napoli, actuellement rélégué à sept points du leader, pour le compte de la 35e journée.
En moins d'un mois, Côme peut retarder le sacre de l'un et/ou faire exploser les rêves de l'autre, bref continuer à jouer son rôle de nouveau poil à gratter du calcio.
Même s'il n'a que trois titres de champion d'Italie de 2e division à son palmarès, le club lombard, de retour dans l'élite en août 2024 après 21 années d'absence, ne fait aucun complexe.
Depuis son rachat en 2019 par le conglomérat indonésien Djarum, géant de la cigarette, le Como 1907 est le club le plus riche d'Italie.
Ses propriétaires, les frères Hartono, font partie en effet des plus grandes fortunes de la planète: ils pointent aux 110e et 111e rangs du classement du magazine Forbes, pesant, chacun, plus de 20 milliards de dollars.
Ils ont financé l'été dernier une ambitieuse (mais loin d'être tapageuse) campagne de recrutement avec plus de 100 millions d'euros dépensés pour des joueurs jeunes comme l'Espagnol Jesus Rodriguez (19 ans, 22 M EUR), le Croate Martin Baturina (22 ans, 18 M EUR) ou l'Argentin Maximo Perrone (22 ans, 13 M EUR).
- "Un idiot" -
Côme a aussi décroché deux fois le jackpot, en s'offrant pour six millions d'euros la pépite argentine Nico Paz (21 ans et 10 buts cette saison), mystérieusement lâché par le Real Madrid en août 2024, et en faisant confiance à Cesc Fabregas pour ses débuts d'entraîneur.
Trois ans seulement après avoir raccroché les crampons, l'ancien meneur du Barça, d'Arsenal ou de Monaco, longtemps incontournable en équipe d'Espagne (111 sélections, 15 buts) suscite déjà bien des convoitises avec son style de jeu offensif.
Le double champion d'Europe (2008, 2012) et champion du monde 2010 a aussi du tempérament.
En février dernier, son altercation jusque dans les couloirs de San Siro avec Massimiliano Allegri a marqué les esprits.
"Tu n'es qu'un idiot, un gamin qui débute dans le métier d'entraîneur !", lui a lancé l'entraîneur de l'AC Milan, hors de lui, après le nul de son équipe (1-1).
L'Inter avait fait de Fabregas au printemps dernier sa priorité pour remplacer Simone Inzaghi, parti en Arabie saoudite, avant, devant le refus des dirigeants de Côme de le laisser partir, d'opter pour Cristian Chivu.
Et après une saison où son équipe, où s'épanouissent les Français Jean Butez, Maxence Caqueret et Lucas Da Cunha, a battu la Juventus deux fois, contrarié Naples à domicile et vient de remporter cinq de ses six derniers matches, Fabregas, 38 ans, ne manquera pas d'offres.
Mais son président ne s'en soucie guère.
"Manchester City veut Fabregas ? Newcastle aussi, d'après ce que j'ai lu", a déclaré Mirwan Suwarso au journal "La Provincia di Como".
"On se parle souvent, on parle du futur, des joueurs pour la saison prochaine, nous sommes alignés", a-t-il balayé.