12h23 CEST
21/08/2026
Tadej Pogacar se lance samedi à Monaco à la conquête du Tour d'Espagne avec l'objectif de l'emporter et de devenir le neuvième coureur de l'histoire à compléter la trilogie des Grands Tours, ce qui consoliderait encore un peu plus son statut de prince du cyclisme.
Sur le papier, cette Vuelta semble être la course de trois semaines la moins difficile à remporter pour le glouton slovène de 27 ans, qui a déjà triomphé dans cinq Tour de France (2020, 2021, 2024, 2025 et 2026) et un Tour d'Italie (2024), d'autant que ses principaux adversaires sont absents.
Blessé depuis sa chute lors de la 15e étape du Tour, son meilleur ennemi danois Jonas Vingegaard a mis fin à sa saison lundi, tandis qu'Isaac Del Toro, Remco Evenepoel et Paul Seixas se consacrent pleinement à la préparation des Mondiaux de Montréal fin septembre.
Le Slovène, double champion du monde en titre, n'a pas fait une croix sur ses rêves de triplé arc-en-ciel, mais il a décidé cette année de revenir sur les routes espagnoles, sept ans après son premier passage.
"Ca fait longtemps que j'avais envie de refaire la Vuelta. On s'est assis en décembre et on a parlé de la possibilité de venir. (...) C'était le bon moment", a déclaré Pogacar en conférence de presse jeudi.
- Objectif doublé Tour-Vuelta -
C'est lors de la Vuelta 2019 qu'il avait explosé aux yeux du grand public, remportant trois étapes de montagne et finissant troisième du classement général, derrière son compatriote Primoz Roglic et le vétéran espagnol Alejandro Valverde.
Une autre époque.
Car depuis, le natif de Komenda est devenu le nouveau "cannibale", à tel point que le gain de cette 81e Vuelta semble presque une formalité, tant le vainqueur du dernier Tour de France est une jambe au-dessus de tout le monde.
Le quintuple vainqueur du Tour peut comme à son habitude compter sur l'impressionnant collectif UAE, avec comme lieutenant de luxe le Portugais Joao Almeida, deuxième du Tour d'Espagne l'an passé derrière Jonas Vingegaard.
En s'imposant sur le Giro au printemps dernier, le Danois de 29 ans est devenu le huitième coureur à remporter les trois Grands Tours, après Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Alberto Contador, Vincenzo Nibali et Christopher Froome.
Qu'à cela ne tienne. Pour l'imiter, "Pogi" fait le pari du doublé Tour-Vuelta, qui n'a été réussi que par trois champions: Jacques Anquetil (1963), Bernard Hinault (1978) et Christopher Froome (2017).
La quête du coureur d'UAE débutera par un contre-la-montre individuel de 9,4 km dans les rues de Monaco, dont l'arrivée est tracée boulevard Albert Ier, au même endroit que celle de l'emblématique Grand Prix de F1.
Le micro-Etat complètera alors sa propre trilogie en devenant la première ville à accueillir le départ des trois Grands Tours, après le Giro en 1966 et la Grande Boucle en 2009.
- Arrivée à Grenade -
Pogacar ne devrait pas être dépaysé, lui le résident monégasque, pas plus que par la 3e étape qui arrive dans les Pyrénées françaises à Font-Romeu, à une dizaine de kilomètres des Angles, où il avait frappé un premier grand coup il y a six semaines lors de la 3e étape du Tour de France.
Après Monaco, la France et Andorre, la Vuelta entrera en Espagne lors de la 5e étape et se dirigera vers son arrivée finale à Grenade, en Andalousie, en longeant la côte méditerranéenne, sans passer par Madrid.
Fidèle à sa réputation, le Tour d'Espagne offre un parcours très exigeant et seule la 17e étape entre Dos Hermanas et Séville sera véritablement plate.
C'est pourquoi les meilleurs sprinteurs du monde boudent l'épreuve, au plus grand bonheur des spécialistes des classiques du printemps Wout Van Aert et Mads Pedersen, qui devraient se livrer une belle bataille.
"Approximativement, je dirai qu'il y a cinq à sept étapes où il y a une possibilité de gagner", a prédit Mads Pedersen.
Derrière Pogacar, le mieux armé pour monter sur le podium semble être l'Autrichien Félix Gall, deuxième du Tour d'Italie cette année, qui pourra compter sur l'aide en montagne de son jeune coéquipier français chez Decathlon CMA CGM Léo Bisiaux.
Richard Carapaz et Mattias Skjelmose, très en forme lors du dernier Tour de France, partent avec le statut d'outsider, tandis que Primoz Roglic, quadruple lauréat de la Vuelta, s'avance avec peu de certitudes après avoir été renversé par une voiture fin juillet.
Et si l'ogre Pogacar venait à gagner cette Vuelta, il se présentera aux Mondiaux fin septembre avec une idée folle jamais réalisée: le triplé Tour-Vuelta-Mondiaux.
Inimaginable, sauf pour "Pogi".