16h13 CEST
28/05/2026
Coup de massue à Roland-Garros ! Le N.1 mondial et grandissime favori Jannik Sinner, qui n'avait "pas d'énergie" jeudi, s'est fait renverser dès le 2e tour du seul tournoi du Grand Chelem qui manque à son palmarès.
Alors qu'il menait deux sets à rien et 5-2 dans le troisième contre l'Argentin Juan Manuel Cerundolo (56e), dans une chaleur étouffante sur le court Central, l'Italien de 24 ans s'est effondré pour finalement s'incliner 3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1.
Ultrafavori en l'absence du double tenant du titre Carlos Alcaraz, Sinner restait sur une incroyable série de 30 victoires après ses titres à Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Madrid et Rome cette année. Une accumulation de tournois qui a pu lui jouer des tours.
- "Personne n'est un robot" -
"Aujourd'hui je n'avais pas d'énergie, et ça peut arriver. Personne n'est un robot", a expliqué en conférence de presse celui qui est souvent comparé à un automate tellement il écrase habituellement la concurrence.
Mais même lui connaît des jours sans: "J'ai eu des difficultés. Je me sentais mal, la tête tournait", a-t-il relevé.
L'Italien n'a en revanche pas voulu se réfugier derrière la canicule : "Il faisait chaud mais pas tant que cela. Les conditions étaient bonnes pour pouvoir jouer. Je n'ai donc rien à dire concernant la chaleur".
"Je me suis réveillé ce matin, je ne me sentais déjà pas très bien et j'ai essayé de raccourcir les échanges. Au début cela marchait bien, les coups sortaient bien et puis, tout d'un coup, j'ai atteint mes limites", a-t-il résumé.
Défait lors d'une finale épique l'an dernier par son rival Alcaraz, Sinner ne profitera donc pas du forfait de l'Espagnol pour remporter le seul titre du Grand Chelem qui manque à son palmarès.
Dans le troisième set, après avoir perdu 15 points de suite, l'Italien s'est assis sur les affiches publicitaires sur le côté pour reprendre ses esprits à 4-5, 0-40 après plus de deux heures de jeu.
L'arbitre est descendue aux nouvelles et l'Italien lui a répondu qu'il ne savait pas si c'était "une déshydratation" ou autre chose, alors qu'il s'aidait de sa raquette comme d'une canne pour se tenir, comme affecté par des crampes.
- "Faible" -
L'Italien a eu le droit à une intervention d'un soigneur, avant de filer aux vestiaires plusieurs minutes. Plus rien n'est allé dans le bon sens pour le N.1.
Le meilleur joueur du monde a enchaîné les fautes directes, incapable de monter au filet pour jouer les amorties, profitant de chaque petite pause pour s'étirer, péniblement appuyé sur sa raquette, et de chaque changement de côté pour se coller une poche de glace sur le cou ou se déverser une bouteille sur la tête, hagard.
"J'étais complètement à plat, tout le corps. Je ne me souviens pas de la dernière fois où je me suis senti aussi faible", a-t-il reconnu.
"Désolée" pour lui, son homologue chez les femmes n'a pas aimé "le voir souffrir comme ça, c'était dur à voir", a regretté Aryna Sabalenka. "C'est triste, mais je suis presque sûr qu'il va revenir encore plus fort".
De son côté, la Bélarusse de 28 ans a certes été accrochée par la Française Elsa Jacquemot (67e) au premier set, mais elle a haussé son niveau de jeu en toute fin de manche pour l'emporter 7-5 avant d'accélérer dans la seconde (6-2).
C'est également en deux manches que s'est imposée la tenante du titre américaine Coco Gauff, 4e mondiale, contre l'Égyptienne Mayar Sherif (129e) 6-3, 6-2.
Mais outre Sinner, l'autre sensation du jour a été française avec Moïse Kouame, 17 ans, vainqueur d'une bataille homérique de près de cinq heures contre le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo, 6-3, 7-5, 3-6, 2-6, 7-6 (10/8).
Pour son premier Roland-Garros, dans un court Suzanne-Lenglen dépourvu d'ombre et totalement enflammé, le natif de Sarcelles, considéré comme le grand espoir du tennis tricolore, a puisé jusqu'à son dernier souffle pour renverser une situation mal embarquée, à 5-2 pour son adversaire dans l'ultime manche.
Il jouera au troisième tour contre le Chilien Alejandro Tabilo (36e). S'il est "un peu trop tôt" pour penser à gagner le tournoi, Kouame profite de son parcours avec, tout de même dans un coin de sa tête, le "rêve" de gagner à Paris et dans tous les Grand Chelem.