07h22 CEST
14/07/2026
L'équipe de France devrait récupérer Aurélien Tchouaméni, absent sur blessure lors des deux derniers matches, pour défier l'Espagne mardi en demi-finales du Mondial-2026, un retour bienvenu pour les Bleus en prévision de l'intense bataille du milieu qui se profile à Dallas.
Manu Koné, titularisé pour pallier le forfait du Madrilène, avait réalisé une solide prestation contre le Maroc en quart de finale (2-0) mais le statut et l'expérience de Tchouaméni, garant de l'équilibre dans l'entre-jeu, devraient lui assurer une place dans le onze de départ.
Ce n'est pas encore tout à fait acté, tant Didier Deschamps apprécie le jeu de Koné, mais c'est la tendance des derniers entraînements auxquels Tchouaméni a participé normalement depuis mercredi, une bonne nouvelle après sa blessure à la cuisse contractée la veille du huitième de finale face au Paraguay (1-0).
Tout en convenant que Tchouaméni n'était pas à 100%, Deschamps a assuré lundi qu'il était "disponible" pour cette demi-finale, sans révéler s'il sera titulaire ou pas. "Son dernier match remonte à il y a 15 jours mais ce n'est pas rédhibitoire non plus".
Alors que la clé de la rencontre contre la Roja pourrait se situer au milieu, le vécu et le sens du placement du joueur du Real Madrid sont des atouts dont le sélectionneur peut difficilement se passer.
Moins flamboyant qu'en 2022 au Qatar, où il avait explosé sur la scène internationale, Tchouaméni a été plutôt précieux aux États-Unis.
Avec Adrien Rabiot, très performant depuis le début du Mondial, il forme un double pivot très complémentaire dans l'entre-jeu français: au Madrilène une position plus reculée permettant au Milanais des projections vers l'avant où il excelle.
C'est ce placement défensif qui permet notamment à l'armada offensive des Bleus de briller depuis le début de la compétition.
Évoluant avec quatre purs attaquants très prolifiques (16 buts inscrits, 11 passes décisives), la France accepte une forme de déséquilibre qu'Aurélien Tchouaméni et sa force athlétique doivent notamment compenser.
- Opposition de styles -
C'est d'ailleurs une opposition de styles qui est promise mardi entre deux des meilleurs milieux de terrain au monde.
Aux "athlètes" français Rabiot et Tchouaméni, l'Espagne répond par la justesse technique de Pedri et surtout de Rodri, qui retrouve aux États-Unis, après deux saisons émaillées de pépins physiques, les capacités qui lui ont permis de devenir Ballon d'Or en 2024.
Charge aux milieux tricolores d'asphyxier leurs vis-à-vis pour réduire petit à petit leur influence sur la partie.
Au-delà de son importance sur le terrain, Tchouaméni a des raisons plus personnelles de vouloir jouer ce France-Espagne, décrit par de nombreux observateurs comme une finale avant l'heure du Mondial-2026.
Comme son capitaine Kylian Mbappé, l'ex-Monégasque (26 ans, 49 sélections, 3 buts), au Real depuis 2022, sort d'une saison très mouvementée, conclue sans trophée et marquée par de grosses tensions en interne.
Même s'il a globalement tenu son rang sur le terrain, son altercation survenue après une séance d'entraînement avec Federico Valverde, son capitaine chez les Merengue, a fait beaucoup parler. Résultat: 500.000 euros d'amende pour les deux joueurs, avec en prime des points de suture et une dizaine de jours de repos pour l'Uruguayen.
"Avec le Real, ça ne s'est pas passé comme on le voulait avec cette saison blanche, mais là, on a une autre opportunité de gagner un titre avec cette Coupe du monde, donc on est tous très motivés, on a encore plus faim", avait déclaré l'ex-Bordelais au début du rassemblement des Bleus à Clairefontaine, regrettant que l'incident ait pris de telles "proportions".
Contre l'Espagne, il se voit offrir une occasion en or de le rayer définitivement des mémoires.