07h02 CET
07/11/2026
Un triplé au Vélodrome, deux doublés dont le dernier contre Monaco: l'attaquant malien du Paris FC Lassine Sinayoko, que personne n'avait vu venir à ce niveau et qui va retrouver Auxerre samedi (19h00), son ancien club, marche sur l'eau cette saison.
C'est l'une des belles histoires de la Ligue 1. La trajectoire inédite, presque incongrue, d'un joueur dont le déclic, à 26 ans, éclabousse sans prévenir, portant le club parisien au pied du podium après neuf journées.
Auteur de huit buts et cinq passes décisives, impliqué dans 13 des 16 buts du Paris FC cette saison, l'attaquant parisien, meilleur buteur de la L1, trône aux côtés de Kylian Mbappé, Raphinha, Lamine Yamal dans le top 5 européen des attaquants les plus décisifs (but et passe). Un sacré coup de maître.
Le Malien n'avait pourtant pas forcément donné d'indices flagrants avant son irruption sur le devant de la scène.
- "Vraiment spécial" -
Plutôt discret pendant sept saisons passées à Auxerre avant de signer cet été au Paris FC, Sinayoko avait certes montré de belles choses, notamment la saison dernière en participant grandement au maintien de l'AJA avec 12 buts.
Son CV honorable et son profil ont séduit les dirigeants du PFC qui l'ont recruté pour huit millions d'euros. Ils ne s'imaginaient sans doute pas avoir conclu le deal de l'année.
"Lassine est exceptionnel depuis le début de saison", s'est réjoui Liam Rosenior, son coach, après son match contre Monaco. "Après seulement une semaine à travailler avec lui, c'était incroyable de voir à quelle vitesse il retenait les mouvements et les schémas pendant nos séances vidéo", a expliqué le technicien anglais vendredi.
"Quand tu ajoutes à ça son explosivité, ses compétences techniques et son altruisme, tu obtiens quelque chose de vraiment spécial", a-t-il assuré.
Ses coéquipiers ne sont pas pour rien non plus dans sa réussite: le trident offensif parisien Pagis-Kebbal-Lopez épuise les défenses adverses et lui offre des combinaisons à choix multiples.
"En toute honnêteté, je ne m'attendais à ce que ça prenne aussi vite", avait avoué Sinayoko avant le match contre Monaco.
Le parcours de Sinayoko, formé à Taverny dans l'Oise, est loin d'avoir été linéaire.
Son histoire n'est pas celle d'un crack sortant du lot chez les jeunes mais plutôt d'un travailleur discret et obstiné.
"A l'époque, quand il avait 13-14 ans, il avait fait pas mal d'essais, notamment à Auxerre, mais il n'avait pas été pris. Il n'a jamais lâché", raconte à l'AFP Bachir Diop, l'un de ses éducateurs en U12 à Taverny, avec qui il est resté proche.
- "Un super mec" -
"Je l'ai eu en U15 à Taverny, je lui avais fait un peu la misère en le mettant pas mal remplaçant, ça l'avait forgé", se rappelle un autre de ses formateurs, Christophe Grall.
"J'ai aussi eu ses frères. Ce n'était pas le plus doué mais le plus travailleur. Mais là il a clairement un déclic, même s'il avait fait de belles saisons avec l'AJA, c'est fort ce qu'il fait", a ajouté Grall.
"Il avait des qualités, mais c'était surtout un gamin que tout le monde adorait, c'était un gamin facile. Il n'a pas oublié d'où il venait. J'étais au Vélodrome pour son triplé et il m'a offert son maillot. Il est aussi le parrain de mon association de jeunes en situation de handicap. C'est un super mec", explique Bachir Diop.
Après Taverny, il s'est engagé avec l'Entente Saint-Gratien avant d'être repéré par l'AJA où il a signé son premier contrat pro en 2019. Mais en Bourgogne pendant sept saisons, l'attaquant n'a jamais été si prolixe que maintenant. Sans doute une des vertus cachées de l'air parisien.