07h52 CEST
10/05/2026
Plus mûr, plus complet, plus efficace, mais toujours aussi détaché, Estéban Lepaul a été transformé par sa première saison avec Rennes qu'il veut achever sur une note positive en battant déjà le Paris FC, dimanche, pour la 33e journée de Ligue 1.
Cinquième et virtuellement qualifié pour la Ligue Europa, Rennes est tout proche de son objectif continental après deux ans de disette.
Il n'est aussi qu'à deux points de la quatrième place occupée par Lille, qui envoie en barrage de Ligue des champions, mais Monaco et Marseille, 6e et 7e, rôdent également à deux et trois longueurs.
Encore buteur et passeur décisif à Lyon, malgré la défaite 4-2 de dimanche dernier, Lepaul a été un acteur majeur et, pour certains, inattendu, de ce parcours.
"Il me semble que la dernière fois que je suis venu en conférence de presse, vous aviez douté un peu", a-t-il taquiné les journalistes mercredi.
C'était mi-janvier, alors qu'il traversait un creux avec un seul but lors des sept journées précédentes.
Encore muet lors des deux journées suivantes, Lepaul a depuis réglé la mire.
Avec 10 buts et 2 passes décisives sur les 12 dernières journées, le titre de meilleur buteur de L1 lui est promis avec 19 réalisations, au moins trois de plus que ses concurrents.
- "Sûr que j'en étais capable" -
"Finir meilleur buteur de Ligue 1, je ne sais pas, mais mettre entre 15 et 20 buts, j'étais sûr que j'en étais capable", a-t-il assuré lorsqu'on lui a demandé s'il s'attendait à une telle première saison avec Rennes.
Un titre qui serait d'autant plus remarquable que le dernier joueur hors-PSG à avoir remporté cette distinction est Alexandre Lacazette, il y a 12 ans avec Lyon, le club formateur de Lepaul.
"Ça me touchera vraiment. Et je serai content du travail que j'aurai mis en place pour y arriver", a-t-il ajouté, car cette saison "dingue" l'a transformé.
"Il y a une énorme progression entre l'Estéban qui est arrivé et celui qui est en train de finir la saison", a-t-il estimé.
A 26 ans, s'il se considère comme "jeune dans l'élite en termes d'expérience et du fait (qu'il a) beaucoup de choses à découvrir encore", il "commence à arriver à maturité", et pas que dans le foot.
Il ne se laisse ainsi pas perturber par les débats occasionnels sur son absence de la sélection des meilleurs joueurs de la saison de l'UNFP ou sur une éventuelle convocation en équipe de France pour laquelle poussent certains, comme l'ancien buteur international Djibril Cissé.
- "Foot à gogo" et golf -
"C'est toujours le Graal d'aller en équipe de France (...) Ça reste un rêve et le rêve ultime mais ce n'est pas une fin en soi. Il n'y aura pas de désillusion" s'il n'est pas appelé, a-t-il assuré. "Je continuerai à travailler et on verra."
Depuis son éclosion avec Angers l'an passé, sa fraîcheur reste un atout majeur.
"Je vis du foot par pure passion. J'ai toujours rêvé d'arriver dans des stades chaque week-end et de jouer en Ligue 1. Cela conforte encore plus ce que j'avais imaginé plus jeune", a ainsi raconté celui qui avoue "bouffer" du foot "à gogo" quand il n'est pas sur le terrain.
"Je passe mon temps à regarder du foot, très honnêtement", même s'il a récemment découvert le golf.
"Ça me permet de me libérer, d'être un peu seul, sans bruit, sans rien (...) C'est un peu mon échappatoire quand il fait beau, au printemps. Ça me fait du bien à la tête", a-t-il reconnu.
De quoi envisager sereinement un avenir qu'il promet "rennais", malgré les inévitables sollicitations estivales.
"La prochaine étape pour moi, c'est de réaliser une saison complète avec un club qui joue l'Europe (...) Tout colle pour rester à Rennes et faire une saison à 40 ou 42 matches", a-t-il détaillé.
Mais pour cela, il faudra battre le Paris FC.