15h02 CEST
15/04/2026
Porté par un mental sans faille pour résister à la fureur d'Anfield, aux bourrasques de vent, à la pluie et aux vagues des Reds, le PSG a montré mardi la maturité d'un grand d'Europe pour se hisser de nouveau en demi-finale de la Ligue des champions.
Il fallait voir le capitaine Marquinhos haranguer les 3.000 ultras parisiens présents à Liverpool dès le début de l'échauffement ou, les bras levés, crier sa hargne à ses coéquipiers juste avant le coup d'envoi.
Le défenseur a hurlé sa rage à la suite d'un retour salvateur dans les pieds de Virgil van Dijk, juste après l'arrêt réflexe du gardien Matveï Safonov, l'un des autres héros de la soirée, dans ce qui a constitué la plus grosse occasion de Liverpool, alors à 0-0 (32e).
Cette fureur et ce courage, Paris en a eu besoin pendant une grande partie de la seconde période pour répondre au défi physique, pliant sous les vagues rouges mais ne cédant jamais, même aux blessures de Nuno Mendes (38e) et Désiré Doué (50e).
Capables de résister à un nombre incalculable d'incursions de Liverpool, les joueurs de Luis Enrique ont dégagé ce sentiment de force mentale infaillible, alors même qu'ils n'arrivaient à poser le pied sur le ballon et développer leur jeu habituel de rouleau compresseur, comme à l'aller (2-0).
Les champions d'Europe en titre ont été de ceux qui défendent ensemble, qui sont agressifs et qui n'ont pas compté leurs efforts pour éviter de prendre un but, synonyme d'espoir pour les Reds d'Arne Slot, qui avait demandé à ses joueurs de "marquer" le premier but, celui qui pouvait "tout changer".
- "Souffrance" -
"On a réussi à rester costauds, de ne pas prendre de buts, c'est comme ça qu'on gagne le match. On voit la maturité de l'équipe", a salué au micro du diffuseur Canal+ le capitaine, aidé par son coéquipier et désormais vieux frère en défense centrale Willian Pacho, aussi solide dans les duels et dans l'envie de défendre en avançant.
"Il faut souffrir pour aller au bout", a aussi relevé Ousmane Dembélé, leader de l'attaque grâce à son doublé au moment idoine.
C'est quand Paris était sous l'eau que le Ballon d'Or a marqué sur la première occasion du PSG depuis le retour des vestiaires (73e), puis sur une occasion semblable (90+1), aidé par Khvicha Kvaratskhelia et Bradley Barcola, décisif pour son match de retour de blessure.
"On savait qu'il y aurait de la souffrance, on a très bien géré, mais Liverpool aurait mérité de marquer", a réagi Luis Enrique, toujours sobre après les victoires pour contenir la confiance de ses hommes.
Il a donc fallu combattre et souffrir ensemble sous la tempête des rives de la Mersey pour voir une troisième demi-finale européenne consécutive et affronter soit le Bayern Munich soit le Real Madrid, contre qui les mêmes forces devront être convoquées.
"Nous sommes capables de tout, nous devons avoir confiance en nous, nous pouvons faire beaucoup de bonnes choses ensemble", a expliqué sobrement "Kvara".
Ayant retrouvé il y a quelques semaines tous ses talents d'attaque avec un jeu fluide et impressionnant, Paris a démontré mardi qu'il savait aussi défendre son but, enchaînant un troisième "clean sheet" (match sans but encaissé) en Ligue des champions.
A l'inverse de la semaine dernière, quand la frustration régnait malgré le succès (2-0), Paris est reparti d'Anfield avec l'heureux soulagement d'une victoire difficile.