11h12 CET
13/03/2026
Le Monégasque Maghnès Akliouche, revenu sur le devant de la scène après ses prestations abouties contre le Paris SG, assume, dans un entretien accordé à l'AFP, son ambition de disputer la Coupe du monde avec les Bleus.
Q: Jouer Brest, après Paris, ressemble à un piège...
R: "Ils sont en forme. Brest, c'est toujours compliqué. Mais on est sur une bonne dynamique. La victoire à Paris nous a donné une bouffée d'oxygène. Ça +booste+ pour la fin de saison."
Q: Vous avez la pression pour retrouver l'Europe...
R: "La pression te pousse à élever ton niveau d'exigence, tant que tu sais la gérer. Je me la mets. Mais ça ne me dérange pas qu'on me pousse, qu'on soit plus dur avec moi. On attend beaucoup de moi. Je veux progresser pour pouvoir répondre aux exigences."
Q: Sébastien Pocognoli évoquait aussi l'évolution de votre leadership vocal...
R: "On a appris à se connaître. C'est devenu plus fluide et naturel entre nous. J'ai progressé sur ce plan car la communication est essentielle. Mais ce n'est pas ma qualité N.1 et ça ne me correspond pas forcément. Dans un groupe, au début, je suis réservé, dans mon coin. Une fois que je connais, je parle plus facilement. J'essaie surtout de montrer le chemin par mon football."
Q: Etre devenu international, ça représente quoi ?
R: "Je suis passé par l'INF Clairefontaine à 13-14 ans. Monter les marches du château avec la sélection A a toujours été un rêve. Je me rappelle de photos prises avec Pogba, Griezmann, Matuidi... Je suis fier d'avoir atteint cette magnifique étape. Pour y revenir, je dois être performant, prouver tous les jours. Rien n'est acquis. Cela commence à l'entraînement, puis à chaque match. Cette saison est un long apprentissage. J'ai évolué sur beaucoup de points. J'ai découvert un univers avec l'équipe de France, vécu de bons moments, certains, plus compliqués."
Q: Comme votre début de saison...
R: "Tout (possible transfert, sélection, ndlr) était nouveau pour moi. Il m'a fallu un temps d'adaptation. Mais je n'ai pas douté. Dans les périodes plus dures, l'important est de revenir aux bonnes choses: être régulier, prendre soin de son corps, se renforcer, voir à long terme, pour se concentrer sur les échéances suivantes."
Q: Que souhaitez-vous qu'on garde de vous ?
R: "L'image de quelqu'un qui se bat, qui ne lâche pas, même dans les moments les plus durs, qui veut toujours donner le meilleur de lui-même et qui peut être décisif pour amener Monaco en haut. J'espère marquer ce club qui m'a tout donné, où j'ai grandi. C'est mon club. Je serai fier d'en faire partie le plus longtemps possible. Je suis le gamin qui a franchi petit à petit les étapes jusqu'à l'équipe première et aux Bleus. Je veux absolument continuer à prouver, à m'améliorer et grandir face aux épreuves."
Q: C'est votre éducation ?
R: "Mes parents ont toujours été là et m'ont inculqué des valeurs de respect, d'humilité. Ils m'ont toujours soutenu. J'essaie de les rendre fiers. Je me souviens qu'au centre, c'était parfois compliqué. M'éloigner de ma famille n'a pas été simple. J'ai passé beaucoup de temps au téléphone avec eux. Mais pour un objectif: aller au plus haut niveau. Malgré les moments difficiles, je me suis toujours dit que j'aurai ma chance."
Q: Comment garder l'humilité quand on veut être le meilleur ?
R: Pour avancer, certains vont se dire +Je suis le meilleur+. Moi, je veux simplement atteindre la meilleure version de moi-même. C'est différent. Pour moi, bien jouer, c'est savoir donner le ballon, frapper au bon moment. Faire le bon choix n'est pas uniquement penser à soi. Mais on m'a déjà reproché d'être trop altruiste..."
Q: La Coupe du Monde se profile. Vous y voyez-vous ?
R: "J'ai mes chances si Monaco et moi sommes performants en fin de saison. Mon objectif est d'être aux États-Unis ! Si j'y vais, l'objectif sera ensuite de jouer, d'être performant, décisif. Champion du monde ? Bien sûr ! On se le dit tous."
Q: Vous projetez-vous ailleurs qu'à Monaco ?
R: "Ce qui m'importe c'est de prendre du plaisir, de continuer à être heureux sur le terrain et que mon ciel soit bleu. Je souhaite donner du plaisir aux gens, à mes coéquipiers, rendre la confiance donnée par Monaco. Et surtout garder ma volonté de progression et d'être plus décisif. Parler d'autre chose n'a pas de sens aujourd'hui."
Propos recueillis par Christophe BELLEUDI