08h43 CET
31/10/2026
Malgré les attaques de missiles et de drones qui visent le royaume, le combat entre Christian Mbilli et "Canelo" Alvarez aura bien lieu samedi soir en Arabie saoudite, le Français défiant l'icône mexicaine pour défendre sa ceinture WBC des super-moyens.
Annoncé en grande pompe au pied des pyramides de Gizeh au printemps, l'événement a fait l'objet de nombreuses rumeurs de report ou de délocalisation mais a fini par être officialisé le 8 octobre dernier.
Deux jours plus tard, une frappe attribuée aux Houthis et visant l'aéroport international King Khalid de Riyad faisait 13 morts et plus de 300 blessés: l'attaque la plus meurtrière dans le pays depuis plus d'une décennie.
Dans la foulée, plusieurs grands événements internationaux prévus dans le royaume ont été annulés. Mais dès le lendemain de l'attaque contre l'aéroport, le tout-puissant promoteur Turki Alalshikh assurait que le combat aurait lieu dans la capitale saoudienne comme prévu.
"Canelo m'a contacté et m'a dit qu'il combattrait à Riyad en octobre, quoi qu'il arrive. Il n'a peur de rien", avait alors tweeté le président de la General Entertainment Authority.
- "Une autre histoire" -
Les Houthis et les forces saoudiennes échangent pourtant quotidiennement des frappes depuis la reprise en juillet du conflit au Yémen. Riyad a encore été secouée jeudi par des explosions, ce qui n'a pas empêché la tenue dans la soirée de la traditionnelle conférence de presse d'avant-combat. Aucune mention du contexte extra-sportif n'y a été faite.
Christian Mbilli, arrivé dans la capitale saoudienne après un voyage de 32 heures depuis le Québec où il s'entraîne, s'est simplement dit "prêt à choquer le monde".
"J'ai un immense respect pour +Canelo+ et l'ensemble de sa carrière, mais samedi, ce sera une autre histoire et je viendrai pour la victoire", a-t-il lancé.
Ancien roi de la catégorie (-76,2 kg), premier champion incontesté des super-moyens à l'ère des quatre ceintures, "Canelo" a été détrôné par l'Américain Terence Crawford en septembre 2025 lors d'un méga-combat en Arabie Saoudite.
Entre-temps, Mbilli, qui détenait le titre intérimaire depuis juin 2025, a été promu au rang de champion officiel de la WBC, profitant de la retraite de Crawford.
Pour la première fois depuis 2022, Saul "Canelo" Alvarez (63 victoires dont 39 KO, 3 défaites, 2 nuls) abordera donc un combat en tant que challenger.
- "Entrer dans l'histoire" -
"Je n'aime pas prendre de raccourcis. J'ai été champion pendant de nombreuses années, je veux le redevenir et je veux affronter les meilleurs", a affirmé jeudi le Mexicain de 36 ans. "Je suis le challenger aujourd'hui, mais dans mon esprit, je suis toujours le champion, depuis que je suis tout petit".
En 532 rounds disputés depuis ses débuts professionnels il y a plus de 20 ans, "Canelo" n'a jamais été envoyé au sol, même contre les plus grands cogneurs, dont Mbilli fait partie (29 victoires dont 24 par KO, un nul).
Le Français assure toutefois pouvoir prendre le dessus sur la légende mexicaine, ancien champion dans quatre catégories de poids différentes. "Je ne peux pas trop parler de l'aspect tactique, mais je crois que son âge pourrait être un facteur", a-t-il expliqué à l'AFP pendant son camp d'entraînement. "J'ai 31 ans et lui 36 ans, mais en professionnel, je n'ai que 30 combats, et lui 68..."
"Il boxe pro depuis qu'il a 15 ans, et dans notre monde, ça représente un compteur énorme. Je crois que ça se voit dans ses combats. Jusqu'en 2020 ou 2021, il tapait tout le monde, et depuis, il se rend presque toujours aux points".
"Je m'améliore pendant que lui décline", a-t-il affirmé.
En s'attaquant à la montagne "Canelo", même vieillissante, Mbilli se mesure à l'une des figures majeures de la boxe moderne. Lors d'un passage à Paris en 2024, il expliquait à l'AFP: "+Canelo+, c'est un peu la légende de notre époque. Battre un +Canelo+, ce serait entrer dans l'histoire".