07h12 CET
30/11/2025
Un premier but professionnel "gravé à vie" face à Crystal Palace jeudi (2-1) a mis encore un peu plus en lumière Samir El Mourabet, jeune Alsacien formé à Strasbourg, auteur d'un bon début de saison avant la réception de Brest dimanche (15h00) pour la 14e journée de Ligue 1.
"Samir El Mourabet, Samir El Mourabet!" En zone mixte, Emmanuel Emegha, buteur lui aussi jeudi soir en Ligue Conférence, est passé furtivement mais on a bien compris qui était pour lui l'homme du match à l'instar d'Abdoul Ouattara qui immortalisait quelques minutes plus tôt, téléphone en main, la sortie médiatique de son coéquipier de 20 ans.
"Ce but est gravé dans ma tête. C'est une fierté pour moi d'avoir marquer mon premier but, surtout à la Meinau et en plus en coupe d'Europe", a glissé le milieu défensif prolongé début novembre jusqu'en 2030.
En reprenant victorieusement un coup franc de Julio Enciso repoussé par la barre transversale à la 77e minute, d'un plat du pied, El Mourabet a apporté une victoire de prestige au Racing qui lui permet de pointer à la deuxième place de la phase de Ligue après quatre journées.
Originaire de la cité de l'Ill, quartier populaire de Strasbourg, il est repéré à 9 ans et demi par Nourredine Aït Mouloud, conseiller technique régional (CTR) de la Ligue du Grand-Est, lors des séances du centre de perfectionnement technique organisées dans les quartiers et réservées aux U13.
- D'abord non conservé par Strasbourg -
Le CTR se souvient d'un garçon qui revenait à chaque séance dans son quartier même s'il n'y était pas convié car trop jeune: "Il n'avait rien à faire là, mais il avait une telle maîtrise, de la coordination qu'on l'a intégré avec nous."
Forcément, l'information est remontée jusqu'au Racing, qu'il rejoint à 10 ans. Pas conservé à l'issue de la préformation, jugé "peu conscient de son potentiel", El Mourabet découvre le futsal, repéré par Patrick Feys, CTR de la Ligue d'Alsace en charge de la pratique.
"Il réussit avec brio le concours d'entrée au Pôle France Lyon, raconte Feys. La première année, il fait la double pratique: futsal la semaine et football le week-end. La seconde, il se consacre entièrement au futsal. En U16, il jouait déjà avec l'équipe de France U19."
Mais le phénomène a la nostalgie du rectangle vert. Le monde pro du futsal lui tend les bras en Espagne mais il veut retenter sa chance au RCSA, qui finira par lui offrir une "licence amateur pour commencer" en 2022 avec les U19 Nationaux.
"J'ai décidé de le mettre à chaque fois titulaire mais on avait un accord tous les deux: je voulais le voir aller dans le coeur du jeu, gratter des ballons, faire des courses, se projeter, aller devant le but, explique à l'AFP Régis Arnould, son entraîneur qui a permis son retour. C'était dur au début mais il a fait les choses pour revenir."
- Rosenior, "un projet de jeu futsal" -
Lancé, El Mourabet n'a plus tremblé devant l'exigence du haut niveau en reprenant le fil de la formation avec son bagage unique à l'image de l'attaquant Wissam Ben Yedder, venu du futsal avant de se révéler à Toulouse (2010-2016).
"Le pôle France a contribué à développer sa créativité. Avec Raphaël Reynaud (sélectionneur de l'équipe de France futsal, NDLR) il a travaillé le un contre un, le deux contre un. Et le projet de jeu de Liam Rosenior, c'est presque un projet de jeu futsal avec un gardien mobile, des relations à deux-trois et un jeu sous pression", analyse Feys, aussi entraîneur-adjoint de l'équipe de France futsal U21.
L'entraîneur anglais de Strasbourg l'a bien compris. Au milieu d'un recrutement estival massif (entre 120 et 130 millions d'euros, selon la presse sportive), Samir El Mourabet, international marocain U20 (9 sélections) a disputé tous les matches de championnat jusqu'à présent dont huit en tant que titulaire comme Valentin Barco et Joaquin Panichelli deux internationaux argentins. Un futsaleur qui a pris du champ.