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Foot: Kita prêt à vendre le FC Nantes à des investisseurs européens

11h32 CEST

30/09/2026

Après 19 ans à la tête du FC Nantes, le président-propriétaire Waldemar Kita a signé, mardi, un accord de principe pour vendre le club à des investisseurs européens emmenés par l'intermédiaire franco-portugais Paulo Tavares.

Ce document ouvre des négociations exclusives avec Phenix Sports Invest, la société de Tavares, pour un montant qui devrait dépasser les 100 millions d'euros, a expliqué une source proche des négociations.

Il reste cependant encore des étapes importantes, comme le passage devant la DNCG, le gendarme financier du football français.

Une trentaine de millions d'euros ont été placés sur un compte bloqué dans cette perspective, a assuré la même source à l'AFP.

A la tête des Jaune et Vert depuis 2007, Waldemar Kita avait affiché dernièrement sa grande lassitude.

Miné par une instabilité endémique sur le banc -24 coaches en 19 ans- et une politique sportive inexistante, le FCN n'a fait que décliner ces dernières saisons, malgré la victoire en Coupe de France en 2022, jusqu'à sa relégation cet été.

Kita avait alors ouvert la porte à une vente du club et le dossier emmené par Tavares s'est rapidement détaché.

Avec un groupe d'investisseurs français, portugais et luxembourgeois, Tavares et Phenix Sport Invest seraient en mesure de proposer jusqu'à 125 millions d'euros en fonction de certains bonus, pour un club payé 10 millions en 2007.

- Un prix très généreux -

Plusieurs éléments invitent cependant à la prudence tant que la transaction n'est pas bouclée.

Le premier est le précédent de 2019, quand le fonds d'investissement britannique LFE Footbal Group Limited avait été recalé par la DNCG alors qu'un accord avait été trouvé avec la famille Kita.

La somme proposée interroge aussi pour un club de L2, dont le début de saison ne pointe actuellement pas vers une remontée immédiate.

Nantes n'est propriétaire ni de son stade, ni de son centre d'entraînement -qui demanderont des investissements prochainement-, et le football français souffre économiquement depuis la fonte des droits de retransmissions.

Enfin, les antécédents de Tavares, 62 ans, rendent aussi circonspect. Connu, entre autres, pour avoir fait venir l'entraîneur lusitanien Leonardo Jardim à Monaco en 2014, Tavares a longtemps oeuvré comme intermédiaire sur des transferts.

Sur une présentation de son projet en juillet, et dont l'AFP a obtenu une copie, il affirme avoir été "conseiller, représentant ou facilitateur" dans des dossiers impliquant Dani Alves, Bernardo Silva, Anthony Martial ou Nicolas Anelka.

Mais son nom apparaissait aussi dans les "Football Leaks", ces documents confidentiels obtenus par le magazine allemand Der Spiegel fin 2016 et qui mettaient en lumière quelques faits peu glorieux dans le monde du ballon rond.

- Pressing médiatique de Tavares -

M. Tavares y figurait notamment pour l'organisation d'un match de gala dans la capitale tchétchène, Grozny, en 2011, avec des stars comme Diego Maradona, Franco Baresi, Jean-Pierre Papin ou Fabien Barthez, qui avait tout d'une opération de propagande pour le leader local Ramzan Kadyrov.

Tavares avait fait aussi partie du fiasco de la reprise de Neuchâtel Xamax par le milliardaire tchétchène Bulat Chagaev au printemps 2011 et qui s'était achevé neuf mois plus tard par la faillite du club suisse.

Ces faits avaient été mis en lumière par des médias en 2019 quand Paulo Tavares avait joué les intermédiaires autour d'une tentative de rachat du club de Valenciennes, avant d'essayer de reprendre l'AS Saint-Etienne en 2024.

Son forcing des derniers jours auprès de journalistes et de comptes influents sur X pour présenter son projet, en faisant miroiter la participation de stars comme l'ancien footballeur Marcelo ou le rappeur Snoop Dogg comme "ambassadeurs" du club, était aussi assez inhabituel.

Quant à l'"accueil très favorable de la Ville de Nantes" qu'il affirmait avoir reçu dans sa présentation, il a été contredit par la maire et présidente de Nantes Métropole Johanna Rolland, qui a assuré à Ouest-France ne l'avoir jamais rencontré.

Avec la signature de l'accord de principe, le temps de l'esbroufe et du poker menteur est terminé. Mais pour les supporters nantais, dont une très grande majorité accueillerait avec soulagement le départ des Kita, celui des doutes se poursuit.

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